Il y a quelque chose avec lequel beaucoup de pigistes jonglent…
mais qu’on n’ose pas toujours dire à voix haute :
Parler à des client·e·s potentiel·le·s en ayant l’impression de toujours être en train de se vendre.
Parce que soyons honnêtes…
Tu peux aimer ton travail —
…et détester le hustle.
Oui, il faut faire connaître ton entreprise.
Oui, il faut réseauter.
Oui, il faut « se mettre de l’avant ».
Mais à force de répéter ces conseils, ils peuvent se transformer en quelque chose de lourd :
Avoir l’impression que chaque interaction est une opportunité à ne surtout pas manquer.
Chaque conversation devient un pitch potentiel.
Chaque événement devient un jeu de chiffres.
Chaque personne devient un client possible.
Et tout à coup…
Tu ne parles plus vraiment aux gens.
Tu les analyses.
Est-ce que je parle de ce que je fais?
Est-ce que j’envoie mon démo?
Est-ce que je fais un suivi?
Est-ce que je suis en train de manquer quelque chose?
La petite voix du FOMO devient de plus en plus forte.
Et au lieu de chercher une vraie connexion…
Tu te sens “on” en permanence.
Pourquoi ça pose problème
Quand chaque interaction devient transactionnelle, certaines choses commencent à se produire…
et aucune ne t’aide à long terme.
1. Les gens sentent quand tu es en mode pitch
Surtout quand ce n’est pas le bon moment.
Si le contexte n’est pas là, ou que le lien n’est pas encore établi, ça peut sembler forcé — ou pire, désespéré.
Au lieu de créer une relation, tu crées de la distance.
Exactement l’inverse de ce que tu veux.
2. Tu passes à côté des vraies connexions
Quand tu es centré·e sur ton message, ton image, tes besoins…
Tu n’es plus vraiment présent·e.
Et pourtant, les meilleures opportunités en freelance ne viennent pas d’un pitch parfait.
Elles viennent de :
-
Une conversation
-
Une expérience partagée
-
Un moment où tu apprécies sincèrement le travail de quelqu’un
Cette présence-là crée de la confiance.
Et la confiance mène à la collaboration.
3. Tu t’épuises
Être constamment “on”, analyser, performer…
C’est drainant.
Tu peux même commencer à éviter les événements de réseautage — pas parce qu’ils ne sont pas utiles, mais parce que tu n’as plus l’énergie de performer.
C’est ce que j’appelle la fatigue de performance.
Et ce n’est pas comme ça que le réseautage est censé se vivre.
Tu devrais pouvoir entrer dans une pièce comme une personne, même imparfaite —
pas comme quelqu’un qui a quelque chose à prouver.
4. Tu relies ta valeur à des choses instables
Qui tu connais.
Combien de personnes te connaissent.
Ce qu’elles pensent de toi.
C’est une base fragile.
Parce que tout ça peut changer rapidement.
Ta valeur ne dépend pas de ta notoriété.
Elle existe. Point.
Même quand personne ne regarde.
5. Tu poursuis les mauvaises opportunités
Toutes les pièces ne sont pas pour toi.
Tous les groupes ne sont pas les tiens.
Tous les clients ne sont pas tes clients.
Il y a une grande différence entre s’intégrer et appartenir.
Si tu es allé·e quelque part plusieurs fois et que ça ne clique pas…
Tu as le droit de passer à autre chose.
Tu n’as pas à te forcer à rester dans des environnements qui ne te ressemblent pas.
Le temps passé à courir après les mauvaises opportunités
est du temps que tu ne passes pas à trouver les bonnes.
Alors… on fait quoi?
Comment trouver des clients sans avoir l’impression de toujours pitcher?
Choisis tes moments
Chaque conversation n’a pas besoin de devenir une discussion business.
Observe le contexte :
-
Est-ce qu’il y a un réel intérêt?
-
Est-ce que l’ouverture est naturelle?
-
Est-ce le bon moment?
Si la réponse est non…
Laisse ça être juste une conversation.
Les relations n’ont pas besoin d’être précipitées.
Parce que quand quelqu’un veut vraiment savoir ce que tu fais…
Ça ne ressemble pas à un pitch.
Ça ressemble à une conversation.
Sois trouvable, pas insistante
Dans le meilleur des cas, tes client·e·s idéaux viennent à toi.
Alors pose-toi cette question :
Si quelqu’un entend parler de moi aujourd’hui… est-ce que c’est facile de me trouver?
Ça peut vouloir dire :
-
Un site web clair et à jour
-
Des démos ou un portfolio faciles d’accès
-
Une présence en ligne qui reflète ta façon de penser et de travailler
Les réseaux sociaux ne sont pas obligés d’être un panneau publicitaire.
Ça peut être un espace d’échange, de générosité et de connexion.
Partage tes idées.
Soutiens les autres.
Fais des liens.
Les gens s’en souviennent.
Tu n’as pas besoin de courir après chaque opportunité
si tu bâtis quelque chose qui attire les bonnes.
Protège ton énergie
Commence à remarquer comment certaines interactions t’affectent.
-
Quels environnements t’énergisent?
-
Lesquels te drainent?
-
Quels clients te ressemblent — et lesquels te demandent un effort avant même de commencer?
C’est de l’information précieuse.
Tu as le droit d’être sélective.
Parce que les clients exigeants ne coûtent pas juste de l’argent —
ils coûtent du temps, de l’énergie et de la concentration.
Et ils prennent ces ressources-là au détriment des bons clients.
Accepte que tu n’es pas pour tout le monde
Et ce n’est pas une faiblesse.
C’est une force.
Parce que ton objectif n’est pas de plaire à tout le monde.
C’est de créer des connexions profondes avec les bonnes personnes :
-
Celles qui comprennent ton travail
-
Celles qui valorisent ce que tu apportes
-
Celles avec qui tu te sens à ta place
En terminant
Oui — tu dois promouvoir ton entreprise.
Mais tu n’as pas besoin de transformer chaque moment en transaction.
Bâtis quelque chose qui vaut la peine d’être trouvé.
Présente-toi d’abord comme une humaine.
Choisis tes moments.
Et fais confiance au fait que les bonnes conversations…ne ressembleront pas à un pitch du tout.
Cet article est inspiré d’un épisode de mon balado Pigiste pas Figiste, où je combine de courts entraînements avec des conversations honnêtes sur la construction d’une carrière créative durable.
Si tu travailles en production vidéo, audio, en voix ou dans un domaine créatif, et que tu veux des conseils d’affaires sans discours de hustle toxique — tu es à la bonne place.




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