Parlons d’émotions.
Pas les émotions cute et inspirantes d’Instagram.
Les moins pratiques.
Celles qui débarquent un mardi matin… quand tu as une échéance.
Parce que parfois… la vie fait sa vie.
Stress.
Anxiété.
Deuil.
Frustration.
Il y a mille raisons pour lesquelles tes émotions peuvent déborder pendant que ton agenda continue d’avancer et dit encore :
assiste à la rencontre.
livre le projet.
Alors la question devient :
Qu’est-ce que tu fais avec tes émotions quand tu dois quand même travailler?
Quand les émotions débarquent pendant une journée de travail
Ce n’est pas nécessairement une urgence.
La maison ne brûle pas.
Personne n’est à l’hôpital.
Mais peut-être que tu as perdu ton animal de compagnie.
Peut-être que tu viens de vivre une rupture.
Peut-être que tu as grafigné ta portière d’auto. (Je parle pour… une amie.)
Peut-être que ton dentiste vient de t’annoncer une procédure invasive.
Peut-être que tu t’inquiètes pour la santé de ta mère.
Ou pour les notes de ton enfant. (Encore une fois… pour une amie.)
Il peut y avoir mille raisons pour lesquelles tes émotions sont en montagnes russes pendant que ton calendrier continue d’avancer.
Et là, ces émotions personnelles commencent à s’infiltrer dans ta vie professionnelle.
Tu t’assois pour travailler — et ton cerveau tourne en boucle.
Peut-être qu’il y a un client que tu redoutes aujourd’hui.
Mais tu as signé un contrat.
Tu ne peux pas simplement disparaître.
Peut-être que tu stresses pour des choses complètement hors de ton contrôle : la météo, le trafic, des délais d’approbation, la décision de quelqu’un d’autre.
Certaines journées sont juste plus difficiles.
Pas parce que tu es incompétent·e.
Pas parce que tu es paresseux·se.
Juste parce qu’à l’intérieur… tu cours face au vent.
Et souvent, tu fais tout pour que ça ne paraisse pas.
Mais cet effort-là demande encore plus d’énergie.
Comme coureuse, j’y pense souvent comme ça :
Quand je cours face au vent, mon rythme ralentit…
mais mon effort augmente.
Quand j’ai le vent dans le dos?
Tout devient facile.
Je vais plus vite que d’habitude.
Tout s’aligne.
Ces journées-là sont formidables.
Mais la vie, ce n’est pas toujours un vent arrière.
Parfois, c’est un vent de côté…
et tu te bats juste pour rester dans ta ligne.
Le travail fonctionne un peu de la même façon.
La vitesse à laquelle tu « cours » professionnellement dépend aussi de ce qui se passe à l’intérieur.
As-tu bien dormi hier?
Est-ce que tu sors d’une longue journée?
Es-tu épuisé·e émotionnellement ou physiquement?
Tes attentes doivent correspondre aux conditions.
Travaille avec le corps et l’esprit que tu as aujourd’hui.
Et si tu es vraiment malade, blessé·e ou complètement vidé·e?
Rentre chez toi et repose-toi.
Tu es le boss.
Ton cerveau et ton corps sont les actifs les plus précieux de ta business.
Les émotions non gérées finissent par sortir
Pourquoi c’est important?
Parce que les émotions ne disparaissent pas quand on les ignore.
Elles fuient.
Dans le ton de tes courriels.
Dans ta patience pendant les appels.
Dans ta capacité de penser de façon créative.
Si ton cerveau tourne en boucle, tu n’as plus accès à ta meilleure réflexion.
Alors au lieu d’essayer d’écraser ça et de faire semblant que tout va bien, essaie de voir les choses autrement.
Tes émotions sont réelles.
Elles sont valides.
Et elles se passent à l’intérieur de toi.
Mais elles ne sont pas la même chose que la situation extérieure.
Cette distinction est importante.
Savoir gérer ses émotions, ce n’est pas « mou ».
C’est productif.
C’est ce qui te permet de réguler ton état intérieur pour continuer à choisir tes actions.
Pense à ça comme une course.
Au lieu d’essayer de distancer la peur ou l’anxiété… cours à côté.
Laisse-les être là.
Et quand tu es prêt·e, reprends le lead.
Un des outils les plus efficaces pour y arriver : le mouvement.
Si tu te sens émotif·ve — bouge.
Si tu es fâché·e — bouge.
Si tu es excité·e et incapable de te concentrer — surtout bouge.
Cours.
Marche.
Lève des poids.
Pédale.
Fais du yoga.
Danse dans ton salon.
L’exercice libère des endorphines pour une raison.
Ce n’est pas pour rien qu’on parle du runner’s high.
Le mouvement change la chimie de ton cerveau.
Il transforme la rumination en action.
Et comme en course, tous les efforts ne se ressemblent pas.
Même si tu fais exactement le même parcours.
Il y a des jours où tu voles avec le vent dans le dos.
Il y a des jours où tes jambes sont du béton parce que tu as trop poussé la veille.
Il y a des jours où tu es simplement plus lent·e.
Mais la course que tu termines face au vent, en donnant ton maximum malgré les conditions…
C’est souvent celle qui construit le plus de force.
Émotionnellement.
Et physiquement.
Comment travailler quand tes émotions sont fortes
Alors concrètement, qu’est-ce que tu fais quand les émotions sont là… mais que le travail aussi?
Voici quelques étapes simples.
1. Nomme ce que tu ressens
« Je suis anxieux·se. »
« Je suis en deuil. »
« Je suis frustré·e. »
« Je suis distrait·e. »
Nommer l’émotion crée une distance.
Tu n’es pas l’émotion.
Tu es la personne qui la vit.
Et parfois, cette petite distance suffit pour recommencer à avancer.
2. Régule ton système nerveux
Avant d’essayer de produire ou de résoudre des problèmes, calme ton corps.
Prends une grande inspiration.
Remplis tes poumons.
Puis expire lentement.
Vide-les complètement.
Répète quelques fois.
Tu ne peux pas penser clairement si ton système nerveux croit qu’il est en danger.
3. Bouge ton corps
N’attends pas d’être motivé·e.
La motivation arrive souvent après le mouvement, pas avant.
Le mouvement change ta chimie interne et te sort des boucles mentales.
C’est une des façons les plus rapides de réinitialiser ton cerveau.
De passer de réaction… à action.
4. Ajuste tes attentes aux conditions
Si aujourd’hui est une journée vent de face, tu ne feras peut-être pas ton record personnel.
Et c’est correct.
Tu peux quand même te présenter pleinement avec la capacité que tu as.
Travaille avec les conditions d’aujourd’hui — pas avec les attentes d’hier.
Et si tu n’as vraiment pas la capacité?
Reporte.
Communique.
Repose-toi.
Ce n’est pas de la faiblesse.
C’est du leadership.
5. Arrête d’essayer d’éliminer tes émotions
Tu n’as pas besoin d’enfermer tes émotions dans un tiroir.
Tu n’as pas besoin de les éliminer pour être productif·ve.
Tu peux les porter avec toi.
Laisse-les sur le siège passager.
Mais pas au volant.
Une dernière réflexion
Tu as le droit d’être émotif·ve et professionnel·le.
Tu as le droit de vivre un deuil et de livrer quand même.
De ressentir de l’anxiété et de créer.
De ressentir de la frustration et d’avancer.
Le but n’est pas de devenir sans émotions.
Le but est de te réguler assez pour pouvoir choisir tes actions.
Alors peu importe ce que tu ressens aujourd’hui…
Amène-le avec toi.
Continue d’avancer.
Et peut-être qu’à la fin de la journée…
le vent de face sera un peu moins fort.
Cet article est inspiré d’un épisode de mon balado Pigiste pas Figiste, où je combine de courts entraînements avec des conversations honnêtes sur la construction d’une carrière créative durable à la pige.
Si tu travailles en production vidéo, audio, en voix ou dans un domaine créatif, et que tu veux des conseils d’affaires sans discours de hustle toxique — tu es à la bonne place.




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