On parle beaucoup de performance de pointe dans les métiers créatifs.
Mais… est-ce qu’on veut vraiment atteindre un sommet?
Parce que si tu arrives en haut de la montagne et que c’est fini —
qu’est-ce qu’il reste à apprendre, à créer, à affiner?
Beaucoup de créateurs rêvent de devenir les meilleurs dans leur domaine. Et je comprends ça. Cette ambition peut être très motivante.
Mais la quête de la perfection peut aussi nous faire oublier à quoi ressemble la vraie vie d’un pigiste créatif.
Ce n’est pas une ascension linéaire vers le haut.
C’est fait de :
-
petits pas en avant
-
longues périodes de plateau
-
moments où on a l’impression que rien ne bouge… alors que tout est en train de se transformer en dessous de la surface
Et voici une vérité qu’on doit dire à voix haute :
La perfection n’existe pas.
On peut — et on doit — viser la qualité.
Mais la perfection? C’est une cible mouvante. Et bien souvent, c’est un obstacle déguisé en standards élevés.
La perfection a l’air professionnelle. Sérieuse. Disciplinée.
Mais dans les faits, elle nous empêche souvent de :
-
partager notre travail
-
proposer une idée
-
envoyer ce courriel
-
lancer ce projet
Si on attendait d’être parfait avant de montrer quoi que ce soit au monde…
…rien ne verrait jamais le jour.
Et dans des domaines créatifs comme la voix hors champ, la vidéo, le design ou le marketing…
qu’est-ce que ça veut dire, parfait, au juste?
Il y a une grande part de subjectivité dans tout ce qu’on fait.
Ton goût compte.
Ton point de vue compte.
Ton opinion a autant de valeur que celle de n’importe qui d’autre.
Alors au lieu de te demander : « Est-ce que c’est parfait? »,
essaie plutôt :
-
Est-ce que ça répond aux besoins de mon client?
-
Est-ce que ma valeur est claire?
-
Est-ce que ça me satisfait, si je l’ai créé pour moi?
Si la réponse est oui — c’est suffisant.
Là où la perfection nous nuit vraiment,
c’est quand elle nous fait croire qu’on doit arriver quelque part avant d’avoir le droit de participer.
Qu’on doit être à notre sommet en permanence.
Mais le progrès ne fonctionne pas comme ça.
Le progrès, ça ressemble à de la répétition.
Tu reviens.
Encore et encore.
Avec des niveaux d’énergie différents.
Dans des contextes différents.
Tu reprends contact avec ton réseau.
Tu continues d’affiner tes compétences.
Tu ajustes tes démos, ton message, ta prospection.
Tu arroses le même terrain, encore et encore, en faisant confiance au fait que quelque chose va pousser.
C’est particulièrement vrai quand on parle de marketing pour pigistes créatifs ou artistes voix.
La croissance ne vient pas de tout faire en même temps.
Elle vient de faire quelques choses, mais de façon constante.
Les petits pas comptent vraiment.
Ce n’est pas :
-
refaire ton image de marque au complet
-
publier tous les jours sur cinq plateformes
-
devenir un leader d’opinion du jour au lendemain
C’est plutôt :
- envoyer un seul courriel de suivi
- ajuster un paragraphe sur ton site pour expliquer clairement ce que tu fais
- publier une photo des coulisses au lieu d’attendre le contenu parfait
Peut-être qu’aujourd’hui, ton pas de plus, c’est :
- commenter de façon réfléchie un seul post d’une personne avec qui tu aimerais travailler
-
repartager un ancien succès ou un témoignage
- épingler un projet dont tu es fier·fière en haut de ton profil
C’est tout.
Et ça compte.
Tu n’as pas besoin d’être partout.
Tu as besoin d’être constant·e quelque part.
Une plateforme que tu comprends.
Un message clair sur ta valeur.
Une action que tu peux répéter chaque semaine.
Les petits pas sont plus faciles à ajuster.
C’est plus simple d’améliorer une publication qui existe que quelque chose que tu n’as jamais osé publier.
Plus facile d’améliorer un courriel après en avoir envoyé quelques-uns.
Plus facile d’augmenter tes tarifs quand tu sais déjà expliquer ta valeur.
Ce n’est pas une question de perfection.
C’est une question de participation.
Alors, qu’est-ce qu’on fait avec tout ça?
On redéfinit la performance.
La performance, ce n’est pas être irréprochable.
C’est se présenter de façon constante.
C’est miser sur l’élan, pas sur la maîtrise absolue.
Pose-toi ces questions :
- Qu’est-ce que je peux partager aujourd’hui qui est assez bon?
-
Qu’est-ce que je peux répéter cette semaine?
-
Quel petit ajustement pourrait améliorer les choses la prochaine fois?
Ne pas atteindre la « perfection ultime », ce n’est pas un échec.
C’est i’idéal.
Parce que la perfection voudrait dire que c’est terminé.
Et si tu es encore en train de créer, d’ajuster et d’apprendre —
tu n’as clairement pas fini.
La perfection ne bâtit pas des carrières créatives.
La constance, oui.
Et le travail que tu es prêt·e à refaire — même imparfaitement —
c’est celui qui te fait réellement avancer.
Cet article est inspiré d’un épisode de mon balado Pigiste pas Figiste, où je combine de courts entraînements avec des conversations honnêtes sur la construction d’une carrière créative durable à la pige.
Si tu travailles en production vidéo, audio, en voix ou dans un domaine créatif, et que tu veux des conseils d’affaires sans discours de hustle toxique — tu es à la bonne place.



