Par Alison Pentecost — Artiste voix off et animatrice de Pigiste pas Figiste
Un reset ne veut pas dire repartir à zéro
Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de nouveaux départs.
Ou plutôt… de resets.
Parce que non, tu n’as pas besoin de tout démolir et de recommencer à zéro pour ressentir des doutes, des papillons ou de l’incertitude. Tu peux vivre tout ça même quand tu as de l’expérience. Même quand tu travailles déjà. Même quand, objectivement, « ça va bien ».
Je le ressens aussi.
Nouvelle année. Nouveaux plans.
J’explore de nouvelles avenues dans mon entreprise de voix off.
Je ferme des portes qui ne fonctionnaient plus (allo le doute!).
Je m’avance vers de nouveaux territoires (allo la peur!).
Rester immobile, attendre que ça passe ou rester confortable, ça ne fait pas grandir une entreprise pigiste — surtout pas une entreprise créative comme la voix off. Alors j’ai dû apprendre à avancer avec les nerfs. À m’adapter. À pivoter. À réévaluer. Et à continuer.
Si tu te sens nerveux·se — ou franchement stressé·e — à l’idée d’un nouveau virage dans ta carrière freelance, bienvenue dans le club. C’est une réaction normale. Et même saine.
Et si aujourd’hui n’était pas juste une autre journée de travail, une autre audition, une autre résolution de janvier?
Et si c’était… le Jour Un?
Ce jour-ci.
Ce geste-là.
Cette sensation dans ton corps, là, maintenant.
Ce qu’on oublie trop souvent en tant qu’adulte: Tu as le droit d’être mauvais·e au début.
« Oui, mais être mauvais·e, c’est gênant… »
Soyons honnêtes.
Tes premières auditions de voix off? Probablement pas glorieuses.
Tes premiers démos, montages, courriels marketing, reels, sites web? Un peu maladroits.
Tes premières tentatives dans n’importe quoi de nouveau? Souvent awkward.
Il y a parfois des éclairs de génie — des petits diamants bruts — mais, la plupart du temps, c’est brouillon.
Et tu sais quoi?
C’est une excellente nouvelle.
Parce que si tout le monde est mauvais au début, la pression tombe. Tu n’as pas besoin d’attendre d’être prêt·e. Tu as juste besoin de commencer. Et commencer, c’est la seule façon que quelque chose s’améliore.
Voici une autre vérité importante quand on veut bâtir une entreprise créative durable :
Quand tout devient automatique — quand tu pourrais presque faire tes auditions, tes lectures ou ton marketing en pilote automatique — c’est souvent un signe qu’il est temps de changer quelque chose.
Parce que quand tu fais ça à moitié :
Est-ce vraiment ton meilleur travail?
Est-ce que c’est ce que tes clients méritent?
Est-ce que c’est pour ça que tu as choisi la vie freelance?
Les papillons que tu ressens avant un contrat?
Avant un entraînement?
Avant d’essayer quelque chose de nouveau?
Ce n’est pas un problème.
C’est un signal.
Ça veut dire que tu t’en soucies.
Que tu es challengé·e — pas ennuyé·e.
Que tu es vivant·e dans le processus.
Mais c’est aussi là que la honte peut s’installer.
Tous les « je devrais » :
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Je devrais être plus avancé·e.
-
Je devrais être plus confiant·e.
-
Je devrais avoir lancé ça depuis longtemps.
Voici un petit changement qui fait une énorme différence :
Remplace « je devrais » par « je préférerais ».
Je préférerais être plus constant·e.
Je préférerais me sentir plus confiant·e.
Je préférerais avancer.
C’est très différent de te rabaisser parce que tu n’es pas encore rendu·e à un endroit où tu n’as jamais été.
J’ai appris ça à la dure quand j’ai lancé Pigiste pas Figiste. J’avais un plan. Un échéancier. Une belle date limite logique… jusqu’à ce que la vraie vie débarque.
Le travail. La famille. Des courbes d’apprentissage que je n’avais pas vues venir.
J’ai manqué mon propre deadline et je me suis sentie coupable — alors que je n’avais jamais lancé de podcast avant.
Est-ce que je parlerais comme ça à une amie?
Ou à un de mes enfants pendant qu’ils apprennent quelque chose de nouveau?
Jamais.
En tant qu’adultes, on oublie comment l’apprentissage fonctionne. Les enfants tombent, vacillent, ont l’air un peu ridicules… et continuent. Les adultes, eux, ont peur d’être observés.
Petit rappel amical :
La plupart des gens ne regardent pas.
Ils sont trop occupés avec leur propre vie.
Alors laisse ça aller.
La croissance demande des échecs.
La créativité demande du courage.
Et rire aide beaucoup plus que la honte.
Un reset concret pour ton entreprise
Alors, qu’est-ce qu’on fait avec tout ça, surtout comme pigiste créatif·ve qui veut bâtir quelque chose de durable?
D’abord : gère tes attentes.
La vie freelance, ce n’est pas un emploi salarié. Personne ne prend la relève si tu ne coches pas tout sur ta liste. Ton énergie est limitée. Tu es un être humain.
Démarrer une entreprise freelance, c’est un peu comme avoir un nouveau-né :
Si l’essentiel est fait, la journée est une victoire.
Certains jours, tu es impeccable, prêt·e pour les clients.
D’autres jours, tu es en pantalon mou, à manger des céréales au-dessus de l’évier.
Les deux comptent.
Les deux font avancer l’entreprise.
Oui, tu as besoin d’un plan.
Oui, tu as besoin de listes.
Mais tu as aussi besoin de souplesse.
Les ajustements de parcours ne sont pas des échecs. Ils font partie du chemin.
Alors voici ton reset de début d’année, version simple :
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Traite aujourd’hui comme le Jour Un, pas comme un test.
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Laisse-toi être mauvais·e pendant que tu apprends.
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Change les choses quand ça devient stagnant.
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Accueille les papillons.
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Parle-toi comme tu parlerais à quelqu’un que tu aimes.
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Continue d’avancer, même si c’est plus lent que prévu.
Tu n’as pas besoin d’un départ parfait.
Tu as juste besoin d’un départ honnête.



